Le désarroi culturel des roommatCH...

Publié le par chloe et helene










L'été, il fait chaud, vous avez un peu de temps libre, vous aimeriez bien aller vous reposer devant un bon film, aller vous délasser dans la fraîcheur d'une salle de cinéma climatisée...Mais rien, ou du moins pas grand chose! A croire que tout le monde est en vacances! Des navets! Les 3/4 des magasins sont fermés! Un journal réduit à une peau de chagrin! Bon, c'est vrai, vous avez toujours le soleil pour vous consoler, vous pouvez toujours organiser des petites journées détente le long du canal de l'ourcq ou du canal St Martin, dans le parc de Belleville, les Buttes chaumont, ou assis tranquillement à la terrasse d'un café. Un petit conseil quand même: évitez d'inspirer puis d'expirer de manière trop profonde, la chaleur parisienne étant également accompagnée de pics de pollution...

Tout ce petit discours sur l'été parisien pour vous expliquer que les roommatCH ne savent plus où donner de la tête en ce mois de février, pour prier les organisateurs d'évènements culturels d'en garder davantage pour  les mois de juillet et d'août.  Examens, cours, boulot, métro, dodo...Comment trouver le temps pour satisfaire nos avides lecteurs? Comment les faire vivre avec nous cette effervescence parisienne et même mondiale?

Et oui, les roommatCH travaillent aussi! Et oui, les roommatCH voyagent aussi! D'un point de vue commercial, je comprends qu'il puisse apparaître intéressant pour les producteurs de prévoir la sortie de leurs films au moment de la Berlinale – d’autant plus que certains films de la Berlinale 2006 comme Snowcake ou Ping Pong viennent juste d’apparaître sur le marché du film parisien, mais épargnez un peu ces deux jeunes filles, qui peuvent certes se scinder mais pas se démultiplier à l’infini. Elles n’ont pas comme Les Sabines de Marcel Aymé un don d’ubiquité :

« Il y avait à Montmartre, dans la rue de l'Abreuvoir, une jeune femme prénommée Sabine, qui possédait le don d'ubiquité. Elle pouvait à son gré se multiplier et se trouver en même temps, de corps et d'esprit, en autant de lieux qu'il lui plaisait souhaiter… »

Les roommatCH se trouvent dans un véritable état de désarroi culturel…Elles renoncent à l’exhaustivité pour vous conseiller les derniers films qu’elles ont vu et en plus, qui leur ont plu: les Climats  de Nuri Bilge Ceylan, Ping Pong de Henning Bendtsen et la vie des autres de Florian Henckel von Donnersmarck, pour mentionner ceux qu’elles ne veulent surtout pas manquer et qu’elles doivent aller voir impérativement avant la sortie d’autres films à ne pas manquer – comme une comédie de Lars von Triers Le Direktor et oui, il paraît que maintenant ça existe, il paraît que vous ne sortirez pas de la salle la gorge nouée, les larmes prêtes à tomber ou ayant déjà coulé abondamment selon votre degré de sensibilité – Inland Empire de David Lynch – même si Laura Dern, l’actrice principale, se demande toujours si elle a compris le film – La môme d’Olivier Dahan , The Good German de Steven Soderbegh et Le dernier roi d’Ecosse de Kevin Macdonald. Et encore elles ont fait une sélection ! Il ne s’agit pas de refaire une compilation des critiques et des critiques de critiques…Pas trop de brainlab ce soir !

Si vous vous sentez plutôt d’humeur, nouvelle vague allemande; Si vous avez envie de vous enfermer dans un huis clos à la Chabrol – quatre personnages, une maison, un piano, une piscine, une forêt et un chien. Si vous avez envie de vous remémorer Théorème de Pasolini avec ce jeune homme désargenté qui vient séduire tous les membres d’une famille bourgeoise et les initier aux plaisirs de la chair; Si vous voulez passer un bon moment avec la version allemande froide et cruelle de l’actrice Isabelle Huppert, Marion Mitterhammer; Si vous ne recherchez pas l’originalité mais un déjà-vu agréable ; je vous conseille d’aller vous détendre devant Ping Pong.

D’ambiance plutôt mélancolique : envie de grands paysages qui deviennent flous pour laisser la place à des gros plans sur des regards tristes, sur des larmes contenues, envie de retrouver l’inaction et la beauté d’Uzak, envie de revivre les grandes émotions du genre humain, l’homme romantique, rêveur et indécis, bourreau de ces dames, les femmes fortes qui résistent mais qui se laissent finalement emprisonner par leurs relents de sentimentalisme, pour se rendre compte à leur grand désespoir qu’elles ne pourront pas retenir cet homme épris de liberté, allez voir les climats.

Berlin Est, Stasi, humour soviétique, censure et monde de l’art : une histoire d’amour captivante dans une Allemagne coupée par un mur, les intrigues du monde dramatique à la veille de la Glastnost. La vie des autres , le film coup de cœur des roommatCH…

Publié dans BrainLab

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