"Roma aperta"

Publié le par chloe et helene

Après avoir été séparée pendant trois années de la Rome antique des « Fuori romani al Campidoglio », de la Rome chaotique « permesso, scende alla prossima », de la Rome romantique – petite virée de nuit sul motorino en passant par il colosseo – de la Rome politique – la casa del partito comunista nella Garbatella, centri sociali – et surtout de la Rome touristique et catholique, il était de temps d’entreprendre ce petit retour nostalgique.

 

 

 

Trois jours pour retrouver les impressions romaines, trois jours pour vagabonder dans une ville chargée de souvenirs et d’émotions: les heures sont comptées, cette fois, la dérive ne sera pas culturelle.

 

 

 

 

C’est avec un regard fatigué et amusé que je retrouve dès mon arrivée à l’aéroport de Ciampino le « casino romano » : à la recherche désespérée d’argent pour regagner le cœur de la ville, mes ardeurs sont immédiatement arrêtées par une réalité supérieure « questo bancomat è fuori servizio ». C’est l’occasion pour moi de remettre mon cerveau en mode italien pour demander de l’aide aux charmants policiers avec leurs grandes lunettes noires, aux charmants chauffeurs de bus avec leurs grandes lunettes noires et pour vagabonder autour de l’aéroport avec mon sac sur le dos « sempre diritto, poi prendi la prossima sulla sinistra, poi sulla destra… » : il fait chaud !

 

Il est 10 heures, je n’ai pas dormi mais c’est avec un plaisir certain que je retrouve mes amis à San Giovanni pour déguster sur une terrasse « un cornetto al cioccolatto con un caffe latte ». Petit détour par le marché aux puces du quartier pour effectuer mes premiers achats du séjour. Bienvenue à Rome ! Le programme est simple : se laisser guider au gré des souvenirs, se laisser porter au centre par le bus 87 de la « magna grescia » à la « piazza venezia ». Pas si simple que ça : une voiture, et pas n’importe laquelle, barre le passage à notre autobus. Que faire ? Un si petit obstacle n’arrête pas les romains : un coup de pied dans la carrosserie pour déclencher l’alarme, rien…le quartier s’attroupe autour de la voiture…les hommes décident de passer à l’action, la voiture décolle pour venir se poster à un endroit plus approprié. L’aventure continue…

 

 

 

Petit tour dans le « centro turistico »  -  piazza venezia, via del corso – pour s’enfoncer dans les ruelles menant au « Tevere » en passant par le Pantheon, savoureux panini à la « miscelleria via delle paste », café au comptoir à San Eustachio, ruelles du ghetto juif, promenade le long du fleuve. Détour par la Rome catholique pour saluer les bonnes sœurs attroupées devant St Pierre, avant d’escalader le « Gianicolo » pour retrouver les amoureux romains surplombant la ville. Je n’ai toujours pas dormi, mes jambes ne suivent plus, rien de tel qu’une glace au chocolat et au piment dans Trastevere pour reprendre des forces. La course continue…Nous traversons de nouveau le Tevere pour retrouver la jeunesse à Campo dei fiori  pour le fameux apperitivo romano al campariO. Mais, il n’est pas encore temps de se reposer, des amis nous attendent au cœur de San Lorenzo pour un dîner gargantuesque au « Pulcino ballerino » : les discussions se font de plus en plus bruyantes, « il vino italiano, la grappa e l’amaro serio» montent à la tête, nous sommes fin prêts pour aller danser le « ballo delle qua qua » chez des amis d’amis d’amis. Il est 3h30…

 

 

 

  

 

 

 

  

Après une nuit à Rome, je me sens de nouveau chez moi. Pas question de me laisser aller à la course folle du touriste, « ho bisogno di una domenica tranquilla ». Allons assister à la « course de char » à 30 kilomètres de Rome dans le « Gallicano nel lazio ». Nous traversons la campagne romaine sous une lumière éclatante pour aller nous percher dans les hauteurs d’une charmante petite ville italienne en fête. Pas de chars antiques, pas d’italiens habillés en gladiateurs mais des animaux enfermés sur des tracteurs agricoles, c’est la fête du village, la fête de San Antonio. Certes, nous avons manqué la procession mais les habitants du village ne nous en tiennent pas rigueur et nous accueillent les bras ouverts avec de la bière et des « panini alla porchetta », le vin du coin, le grand tirage au sort, les danses folkloriques et toute leur chaleur. Une belle journée « rilassante » qui se clôt par la classique pizza du dimanche soir et une bonne nuit dans le quartier Marconi.  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dernier jour, la pression commence à monter : acheter au marché les « carciofi romani, la rughetta » et tous les légumes aux milles saveurs, aller à campo dei fiori acheter les mélanges d’herbes « pasta mix, ciociara, pulianesca », aller au supermarché du coin pour faire la cargaison de « bresaola », de gâteaux « mulino bianco », de pasta, de salsa « tutte le cose che non si comprano in Francia ». Il faut faire des choix : marché Marconi, puis marché de Campo dei Fiori, piazza Navona, déjeuner piazza Barberini, café à la terrasse de l’Université. Je dois appeler au secours un ami romain pour qu’il vienne me chercher en motorino pour terminer mon programme des quartiers obligés : c’est avec une vive émotion que je retrouve la Garbatella , le quartier cher à mon cœur, le quartier dans lequel j’ai vécu six mois durant, la Cité jardin aux couleurs ocres, à l’ambiance authentique, le quartier des grands intellectuels de gauche – Pasolini, Moretti –  le quartier à peine mentionné dans les guides touristiques. Che bella ! Roma aperta ! Après quelques heures de motorino, une escapade dans un supermarché italien, une soirée dans le quartier « africano », il faut de nouveau faire ses adieux. Cette nouvelle séparation me fend le cœur!

 

 

Je tente de prolonger ces impressions italiennes par « una cena italiana a Parigi» mais les aliments n’ont pas la même saveur dans la cité. Il faut se réhabituer à l’hyperactivité parisienne !

Publié dans OutSCHide : voyages

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Flore 09/03/2007 20:49

Madonna... Questo racconto romano (scusami Alberto per il plagia!!!) mi ha datto delle ali d'oro per trasportarmi dal altro lato dell'Atlantica... il lato del cuore e del calore umano...
Brava Chloe !!! La prossima volta, torniamo insieme ! E un abbraccio forte per Giuseppe !~

Patty 19/02/2007 16:59

Ciao bellissima,
Quel grand bonheur de revivre à travers tes paroles ce moment unique de notre Erasmus à Roma!
Merciiiii pour cette petite bulle d'air :)
Bonne continuation,
Patty

chloe et helene 22/02/2007 14:27

Ciao Cara,Grazie per queste parole che mi fanno un gran piacere. Non dimentichero neanche questi mesi passati con te e con gli altri in questa città incredibile!!!Magari ci vediamo per il tuo compleanno a BruxellesIn bocca lupo per il nuovo lavoroAbbraccio forteChloé

Karel 10/02/2007 19:22

Quel beau travail! Encore un petit effort et tu auras bientôt droit à ta page dans le supplément Ecrans de Libé...Mais j'ai cru voir une entorse aux règles que tu avais fixées à ton labeur blogistique : une photo de toi au milieu des photos d'art!Quiconque serait tombé sur cette photo aurait pu penser qu'il s'agit d'une jolie italienne capturée malgré elle par ton numérique. Mais je suis là, et je t'ai démasquée! À la face de toute la blogosphère!

chloe et helene 11/02/2007 11:04

Tu as effectivement remarqué le petit clin d'oeil des roomatCH, cette magnifique mise en abime, la photographe prise en photo, photographe qui aurait pu se perdre parmi les habitants du village de Gallicano nel lazio, si l'un de nos camarades n'avait pas relevé cette supercherie... O, très chère blogosphère, nous faisons acte de contrition espérant  que personne n'ose nous jeter la première pierre. Nous avons décidé de nous mettre à nue devant notre public pour lui demander pardon et pour déclamer haut et fort - s il nous le permet - notre nouvelle règle de l'absence de règle: " Les roomatCH ne fixeront plus de réglementation rigide au risque de l'enfreindre, de loi morale supérieure, au risque de toucher la conscience de leurs lecteurs!" Elles devront donc dans l'avenir enfreindre également cette règle: cercle vicieux! Que faire! L'existence même pousse les roomatCH au vice!