Guantanamour au vingtième théâtre

Publié le par helene


Guantamour est une pièce dont le thème, le camp de guantanamo comme son nom l'indique, s'est révélé nécessaire juste après le 11 septembre. Elle met en scène un prisonnier, menotté et enchainé dans sa combinaison orange, et un soldat enfermés dans une cage en grillage et barbelé. Cette promiscuité entre le présumé térroriste d'Al Quaida et le G.I. défenseur des valeurs américaines sucite des conversations qui peu à peu feront naître une amitié. Le sujet hautement d'actualité et le texte bien pensé, n'ont toudefois pas reussit à faire passer ma sensation d'ennui. La pièce manque de nuance, je l'aurais voulu à la fois plus violante et plus fraternelle, Chloé, elle,  aurait voulu un texte plus profond, plus contrasté. En bref : Guantanamour est une pièce avec de bons acteurs et un décor bien pensé mais finalement décevante. Dommage.

Publié dans Théâtre

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La Bifurcation 11/04/2008 20:16

Le gros point faible de cette pièce est en effet son écriture. A partir de là, pas grand chose à faire. L'idée de départ consistant à confronter un GI à un prisonnier de Guantanamo était intéressante. Encore eut-il fallu pousser la logique jusqu'au bout, et montrer les points de convergence (et de divergence) de ces deux formes d'endoctrinement : les USA comme "démocratiseurs" de la planète et l'intégrisme religieux comme contestation de cet impérialisme américain. Au lieu de ça, nous avons un texte moralisateur et bien pensant. En plus le mécanisme dramaturgique utilisé pour faire passer les deux protagonistes pour des victimes (le GI qui refoule son appartenance à la minorité noire et surtout le prisonnier supposé être présent par hasard en Afghanistan parce qu'il recherchait son frère) est d'une faiblesse ahurissante. On retrouve le bon vieux discours de certains opposants à la peine de mort : c'est une erreur de personne, il n'a rien fait! La démonstration que même coupables, il est inadmisible de maintenir des gens enfermés au mépris de toute loi internationale, aurait eu un impact bien plus important! Le sucès qu'a eu cette pièce depuis sa création (en 2002 à Avignon) nous offre un triste constat sur la façon dont le public analyse les choses : uniquement en sentiments et pas du tout en raisonnant.