Aventures sans frontières : guias azteca

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Avant

En arrivant dans mon appartement à Coyoacan, j’ai non seulement trouvé une maison, des amis mais aussi un service à domicile de week-end d’aventures. Vous aimez voyager, vous aimez l’adrénaline, vous aimez le grand frisson, vous n’aimez pas faire comme les autres touristes moyens avec leur guide du routard croisant sans cesse d’autres touristes moyens avec le même guide du routard. Une solution : l’écotourisme, un tourisme respectueux de la nature, un tourisme respectueux des coutumes locales, un tourisme de la Wesh pour les RoomatCH. Vive Guias azteca !

1er coup de téléphone :

Anne : « Salut Chloé, ça ne te dirait pas de partir en week-end avec moi, j’ai vraiment besoin de décompresser. On pourrait par exemple se rejoindre à Oaxaca ».

Chloé : « Orale (le waouh d’ici…), pas de problèmes, ça me ferait trop plaisir… »

2ème coup de téléphone :

Anne : « Euh, finalement Oaxaca, c’est un peu loin pour moi et avec les incidents récents. Si on allait plutôt à Cancun ».

Chloé : « Ok, je regarde les billets… ». EUUUUUUUUUUUUh, c’est un peu cher pour moi ! ! !

El Tiburon : « Dis, à ta copine (en espagnol tout ca) qu’on pourrait faire un voyage dans un des endroits les plus beaux du Mexique, à Real del Monte pour lui faire découvrir les sports de grande aventure. »

Céline et Tiburon (mes colocs) ont décidé de monter ensemble une entreprise de voyages d’aventures « guias azteca». Ils ont des contacts dans tout le pays : canyoning, jeep, plongée, escalade, immersion dans les communautés indigènes, voyage initiatique dans le désert…Vous voulez vraiment connaître le Mexique dans toute son essence, appelez mes colocs ! ! !

3ème coup de téléphone :

Chloé : « Le billet pour Cancun est un peu cher. Ca ne te dirait pas de partir à l’aventure près de Mexico. Mes colocs organisent tout. »

Anne : « Bonne idée, j’arrive »

Et nous voilà partis à deux voitures. Céline, française ayant décidé de faire partager sa passion pour les voyages et le Mexique en venant vivre au DF. El tiburon ou requin, reporter photo, grand spécialiste des sports d’aventure. Moises, le grand pro de l’escalade en tout genre. Anne, Jessi et Chloé, les 3 néophytes.


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Le Canyon

Vendredi soir, ce sont les grands préparatifs : pique nique, matériel (combinaisons, harnais, mousquetons, casques etc.) Tiburon répète sans cesse : « on ne s’improvise pas aventurier, il faut du matériel de professionnel pour pouvoir offrir la sécurité aux clients. Le problème au Mexique c’est que personne ne respecte ces règles de base qui permettraient d’éviter la majorité des accidents ».

Ca traîne...Dans notre appart, les amis passent et s’en vont. Du coup, il est 1 heure du mat et les affaires ne sont toujours pas prêtes. Ce n’est pas grave, départ à 8h30 ! Arrivée à Real del Monte à 10h30. Petit détour dans le chalet de Che et de Natalia pour enfiler l’équipement. Et, c’est parti ! ! !

La jeep s’enfonce dans un chemin dans la montagne. On enfile nos gilets de sauvetage et nos harnais et on entame une petite marche vers la canyon. Et puis là, ca commence. Moises installe les cordes. Céline descend la première pour nous accueillir en bas. Elle n’est pas descendue du bon côté et du coup premier vrai contact avec l’eau gelée du canyon. On change d’endroit...

Moi, j’ai mal au ventre et du coup je laisse les filles descendre avant moi. Les filles descendent une par une. Tiburon et Moises essaient de les mettre en confiance mais on sent un petit sourire crispé. Ce sont juste 20 mètres à descendre mais dans une sorte de grotte obscure avec de l’eau au fond. Tiburon est en forme et tente de détendre l’atmosphère avec de bonnes blagues à la mexicaine. Finalement, c’est mon tour. Et là, je m’étonne moi-même. Aucune crainte…Ils m’accrochent, je descends, je me mouille. Premier commentaire : il fait froid. Plutôt marrant de descendre en rappel en se propulsant contre les parois, la main droite au niveau des fesses tenant la corde, la main gauche permettant de se diriger. Même la petite remarque du Tiburon avant de descendre ne me fait pas perdre mon sang froid : « tu ne lâches jamais la corde dans ta main droite, c’est ta vie ! ». Anne a par contre eu un vrai regard angoissé quand une fois dans le vide, il lui a dit : « on a oublié de mettre les sécurité ! ! ! ». Je comprends…

Après tout s’enchaîne…Pour moi, le plus difficile c’était l’attente dans le froid, tout en sachant que ca allait empirer, que je n’allais pas pouvoir me sécher avant quelques heures. 2ème rappel, 3ème rappel. Moises escalade pour installer les cordes. Entre Tiburon, Céline et Moises, nous sommes bien entourées, surtout quand on voit les groupes d’amateurs qui passent à côté sans casque et avec un matériel très bas de gamme. Et puis vient le plus impressionnant, le grand saut dans l’eau sans corde ni rien. Ce n’est pas très haut mais effet d’optique, on a l’impression qu’on va se prendre un rocher. Quand j’arrive, Anne a déjà sauté. Moi, j’ai pas l’intention de m’éterniser dans l’obscurité et le froid. Je saute sans réfléchir en espérant trouver un rayon de soleil à la sortie…mais non, il fait froid, il y a du vent. Céline saute ! Jessi reste en haut. Apparemment, elle attend nos guides pour sauter. Mauvaise idée, plus elle attend, plus elle a peur. Et là, c’est la panique. Tiburon lui prend la main pour sauter mais elle la lâche à la dernière minute. Elle est en haut, tout le monde est en bas et c’est plutôt compliqué d’aller la chercher. On lui parle, on la rassure, on lui parle…RIEN…Chacun y met du sien. Moi, j’ai un peu de mal à parler, je frissonne…Ca fait plusieurs heures que nous n’avons pas mangé, je ne peux plus bouger mes mains et mes pieds tellement j’ai froid. J’aimerais qu’elle saute pour pouvoir aller me réchauffer ! Finalement, elle saute, tout le monde la félicite et la prend dans ses bras.

Après avoir fait preuve de bravoure, il est temps de me laisser dorloter. Tiburon se rend compte que je suis toute blanche tordue de froid et de douleur. Il me donne un concentré d’énergie, prend mon sac et c’est parti, un peu moins d’une heure de marche pour rejoindre la voiture. Le corps lourd de vêtements humides, frigorifiée, je suis le mouvement sans rien dire. Le soleil daigne enfin se montrer. Mes membres commencent à se réchauffer, mon visage reprend un peu de couleur. Arrivés dans la voiture, on se sèche, on s’habille et on se dirige directement vers un restaurant argentin pour manger une bonne dose de protéines dans une salle bien chauffée. L’aventure est terminée, la tension redescend, tout le monde est épuisé. Nous avons bien mérité une bonne douche d’eau chaude, une bonne nuit de sommeil avant de continuer…

Las-ventanas-parque-del-chico.jpganne-et-moi.jpgAnne-2.jpganne.jpgc--line-2.jpgC--line.jpgC--line-et-moi.jpgc--line-et-moises.jpgMoises.jpgJessi-et-moy.jpgnatalia-et-jessi.jpg
Natalia-2.jpgnatalia-1.jpgun-fid--le-compagnon.jpgtiburon-1.jpgTiburon-2.jpgTiburon-3.jpgTiburon-et-Anne.jpgMoi.jpgThe-team.jpgThe-team-2.jpg
L’escalade

Le lendemain, j’ai des courbatures partout et je vous avoue que j’ai une grosse hueva (flemme ! ! !). Quand on me dit, l’aventure continue, je rêve de faire la flojera (la loque) sur une terrasse au soleil avec un bon café. On prend un bon petit déjeuner bien solide à la mexicaine. Je suis fatiguée et de mauvaise humeur. Dans la nuit, j’avais l’impression qu’il y avait des grosses vagues dans mon lit. Plus ça va, plus je me détends. Il fait beau et on repart dans la montagne !

Et en fait, l’escalade c’est plutôt détente. Ca change tout quand il y a du soleil et qu’on est au sec. Moises monte et installe les cordes et on monte chacun notre tour. Les ¾ du temps, on reste en bas à discuter et à rigoler. Et puis, l’escalade, ca me plait vraiment. J’ai l’impression que tout mon corps travaille et c’est une super sensation de sentir la roche et la progression ! Et puis, j’adore descendre dans le vide…Natalia est enceinte de 5 mois mais elle est venue nous rejoindre avec son chien. Il hurle de tristesse quand il voit sa maîtresse s’éloigner dans le ciel. Tiburon a compris comment je fonctionnais. Il me lance sans cesse des défis. On va voir qui va prendre la meilleure photo. Lui, photographe professionnel avec son appareil numérique réflexe et ses méga objectifs. Moi, avec le petit appareil de Anne ! Moi, qui aime bien bombarder, j’accepte bien entendu le défi. Nouveau défi, petit concours de vitesse d’escalade, Reims contre Bordeaux. Et ca marche, j’ai plein d’énergie, je pousse sur mes jambes, Anne me donne des conseils et je monte très très vite.

Au bout d’un moment, on a tous envie de faire un tour dans le petit village charmant avec toutes ses couleurs. Petites quesadillas dans le marché. Tout le monde est détendu…nous sommes bien…Une bonne fatigue physique !

Publié dans OutSCHide : voyages

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